« Sauvons les Valendons » : les riverains se mobilisent contre l’extension du vignoble au clos Pau Roca à Dijon

À Dijon, l’inauguration du clos Pau Roca sur les coteaux des Valendons a déclenché une mobilisation inattendue ce dimanche 26 avril. Derrière les chants et la banderole « Sauvons les Valendons », des riverains dénoncent l’extension du vignoble, la disparition de jardins familiaux et la transformation progressive de 25 hectares de nature.

Publié : 17h00 par Romane Toutain

Les riverains des Valendons se mobilisent contre l’extension du vignoble au clos Pau Roca à Dijon.
Les riverains des Valendons se mobilisent contre l’extension du vignoble au clos Pau Roca à Dijon.
Crédit : Photo DR : collectif "Sauvons les Valendons"

« Laisse tomber les vignes, un jour tu le regretteras ». Ce sont ces paroles qui ont raisonné ce dimanche 26 avril, lors de l’inauguration du clos Pau Roca. Une nouvelle parcelle de vignes située sur les coteaux des Valendons à Dijon, propriété de la Ville et exploitée par l’Organisation Internationale du Vin (OIV).

Invités à la cérémonie par la maire Nathalie Koenders et le président de la métropole François Rebsamen, des habitants du quartier ont profité de l’événement pour faire entendre leur opposition à l’extension du vignoble. En 24h, le collectif de riverains a organisé une mobilisation festive rassemblant familles et retraités accompagnés d’un orchestre, de chants, de casseroles et d’une banderole «  Sauvons les Valendons ».

 

25 hectares transformés

Au-delà du clos Pau Roca, les habitants dénoncent un projet de transformation plus large concernant l’ensemble des 25 hectares des coteaux des Valendons. Selon ses membres, cette zone comprend actuellement 5 hectares de vignes anciennes, 15 hectares de bois, prairies et jardins familiaux, ainsi que 5 hectares récemment défrichés.

« Nous avons la chance d’avoir, sous nos fenêtres, un lieu de nature unique qui profite à toutes et à tous, surtout dans un quartier particulièrement mixte, avec des pavillons mitoyens, des grands ensembles HLM, et de grandes maisons individuelles : cet espace réunit tout le monde ! », raconte Manon Léger, habitante du quartier. 

Le collectif affirme qu'en l'espace de cinq ans, cinq hectares de parcelles boisées ont été coupées, dont certaines proches du clos Pau Roca, et que d’anciens jardins familiaux ont également disparu.

Deux hectares de jardins familiaux détruits

Le collectif pointe particulièrement la disparition récente de deux hectares de jardins familiaux situés derrière la chaufferie des Valendons. Selon ses membres, ces terrains ont été rachetés par la Ville au motif d’un « mauvais entretien », entraînant l’abattage de dizaines d’arbres, dont une allée de noyers plantés dans les années 1950.

« On nous parle de mauvais entretien, pourtant il me semble que quand il s’agit de nettoyer des plages ou des espaces naturels, on a des solutions : actions citoyennes, accompagnement d’acteurs associatifs, intervention de la mairie », témoigne un membre du groupe. Et de renchérir :  « C'est tout de même paradoxal de n’avoir trouvé comme solution que la destruction du vivant ».

Pour les habitants mobilisés, ces jardins ouvriers représentent plus que des parcelles cultivées : ils permettent aux familles urbaines de produire, de préserver un lien avec la terre et de maintenir des espaces de respiration dans une ville en développement.

 

Biodiversité, santé et cadre de vie au coeur des préoccupations

Les opposants au projet mettent en avant plusieurs inquiétudes : la suppression d’espaces boisés dans un contexte de réchauffement climatique, la réduction de la biodiversité locale et les conséquences sanitaires liées à l’utilisation de produits phytosanitaires à proximité des habitations et des écoles.

Déjà soutenu par plus de 800 signatures via une pétition, le collectif envisage désormais de se constituer en association. Ses membres demandent à la municipalité de préserver les parcelles restantes et proposent qu’elles soient confiées à des associations locales plutôt qu’à des projets viticoles.