« Torturer des animaux n’est ni un sport, ni un loisir » : L’association PAZ accuse Decathlon Dijon - Quetigny de vente illégale de poissons vivants

L’association Projet Animaux Zoopolis accuse le magasin Decathlon Dijon - Quetigny de vendre illégalement des poissons vivants destinés à servir d’appâts pour la pêche. Le collectif dénonce le caractère « cruel » de cette pratique, appelée « pêche au vif ».

Publié : 17h15 par Romane Toutain

L'association PAZ dénonce la vente illégale de poissons vivants au Decathlon Dijon - Quetigny.
L'association PAZ dénonce la vente illégale de poissons vivants au Decathlon Dijon - Quetigny.
Crédit : Projet Animaux Zoopolis

 « Il est scandaleux que Decathlon alimente cette pratique barbare qu’est la pêche au vif. » L'association de protection des animaux Projet Animaux Zoopolis tape une nouvelle fois du poing sur la table. Le collectif dénonce la vente illégale de poissons vivants comme appâts au magasin Decathlon Dijon - Quetigny. Il assure que l’enseigne ne dispose pas des autorisations nécessaires pour vendre des poissons vivants. 

 

La pêche au vif, une technique cruelle déjà interdite en Europe

Le collectif  PAZ explique que lors de la pêche au vif, l’animal transpercé vivant peut agoniser de longues minutes voire des heures. « L’état des connaissances scientifiques démontre que les poissons et les crabes ressentent la souffrance, ont des émotions et des personnalités ». Selon PAZ, la pêche au vif est déjà interdite dans plusieurs pays européens comme l’Allemagne et la Suisse. « Les poissons et les crabes vendus par Decathlon sont destinés à être torturés pour amuser des pêcheurs. Il est scandaleux que Decathlon alimente cette pratique barbare qu’est la pêche au vif. Torturer des animaux n’est ni un sport, ni un loisir. » dénonce Amandine Sanvisens, co-fondatrice de PAZ.

 

Un délit pénal puni de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende 

L’association rappelle que « vendre des poissons non domestiques sans autorisation nécessaire (certificat de capacité et autorisation d’ouverture), est un délit pénal puni de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende. » Elle affirme avoir déposé plainte contre le magasin auprès du Tribunal judiciaire de Dijon le 4 août 2025. « Le ministère de l'Écologie nous a confirmé l’été 2025 que Decathlon était dans l’illégalité », écrit-elle. Cette même année, PAZ avait mené une action de sensibilisation devant le magasin.

Selon le collectif, un client avait déjà lancé une pétition en 2024 pour demander au magasin de cesser cette pratique. Celle-ci avait recueilli plus de 13 000 signatures. Partout en France, plusieurs pétitions ont été lancées, comme à Brive-la-Gaillarde, Carcassonne ou encore Reims

D’après PAZ, plusieurs députés ont déposé une proposition de loi visant à interdire la pêche au vif. La dernière, initiée en 2024 par le député Gabriel AMARD (LFI - NFP), a été cosignée par « plus de 60 député-es de trois groupes politiques ». Des collectivités locales se mobilisent également pour demander une interdiction nationale de la pêche au vif.

Des poissons vivants sont en vente au magasin Decathlon Dijon - Quetigny.

Des poissons vivants sont en vente au Decathlon Dijon - Quetigny. 

 

L’enquête de PAZ sur Decathlon et la pêche au vif

Le 24 octobre 2022, le collectif a posté sur YouTube une vidéo d’enquête filmée aux côtés d’Allain Bougrain Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), « sur le calvaire des poissons vendus par les magasins Decathlon, de la pisciculture à la partie de pêche L’association tourne ses images à la pisciculture Bigot, dans le Maine-et-Loire, qui fournit des poissons vivants à Decathlon Nantes – Atlantis pour la pêche au vif. Elle découvre que dans les étangs d’élevage de cette pisciculture, de nombreux poissons sont soit en mauvaise santé (ils nagent sur le dos), soit morts. « Des centaines de cadavres recouvraient la surface. Par endroit, l’eau était particulièrement sale », témoigneAllain Bougrain Dubourg. 

Dans l’enquête, l’association fait aussi état des conditions de vente des poissons. « Après avoir acheté les poissons en magasin, les pêcheurs les maintiennent en vie dans de vulgaires seaux, dits “seaux à vifs”. Sans aérateur et en surpopulation, les poissons sont en grande souffrance et certains meurent. » déplore le président de la LPO. « Tout comme nous, les poissons ressentent la douleur », martèle-t-il. PAZ révèle que dans ce Decathlon, ces derniers sont vendus pour 40 à 45 centimes.

 

Une parodie pour dénoncer 

Face à l’« hypocrisie de Decathlon », PAZ a décidé de parodier l’une de ses publicités intitulée “Ça, c’est du sport ?”. « Dans cette publicité, Decathlon prétend ne pas se poser la question de savoir si tel ou tel usage du vélo est du sport. Visiblement, l’enseigne n’a pas l’air de se poser la question non plus concernant les pratiques cruelles envers les animaux ! Il est temps qu’elle réponde à cette question simple : est-ce que torturer des animaux est un sport ? », interpelle l’association.