Concours aquariophile à Dijon : L’association PAZ dénonce une « vitrine du business de la marchandisation des animaux »

À Dijon, le concours aquariophile prévu du 24 au 26 avril suscite la polémique. L’association Projet Animaux Zoopolis (PAZ) dénonce un événement qu’elle juge « cruel » et tourné vers la « marchandisation des animaux ». Elle appelle à mettre fin à ces pratiques et interpelle organisateurs et pouvoirs publics.

Publié : 12h30 par Romane Toutain

L’association PAZ se mobilise contre les concours aquariophiles.
L’association PAZ se mobilise contre les concours aquariophiles.
Crédit : Photo DR : Projet Animaux Zoopolis

Cela vous est peut-être déjà arrivé. Vous êtes à la fête foraine et vous "gagnez” un poisson rouge après votre partie de pêche aux canards. Pourtant « les poissons ne sont pas des marchandises ni des attractions à exhiber dans un salon ». C’est le message porté par Projet Animaux Zoopolis (PAZ). L’association dénonce le concours aquariophile organisé du vendredi 24 au dimanche 26 avril au Centre de Rencontres Internationales de Dijon.

 

Une pratique « cruelle » et « archaïque »

Pour PAZ, ce type d’événement pose un problème de fond. « Emprisonner des poissons dans des cages de verre est cruel et archaïque », affirme Amandine Sanvisens, co-fondatrice de l’association. Elle rappelle que les poissons sont des êtres sensibles, avec des besoins complexes : qualité de l’eau, espace, environnement adapté ou encore interactions sociales.

 

200 00 chiens et chats abandonnés en France

Au-delà de la question du bien-être animal, l’association dénonce aussi un modèle économique. « Ce concours constitue une vitrine pour un business basé sur la marchandisation des animaux », estime-t-elle. Selon PAZ, ces salons encouragent l’achat d’animaux de compagnie, dans un contexte déjà préoccupant. « Provoquer des envies d’acheter des animaux alors que la France est le premier pays en termes d’abandon est choquant !»

Chaque année, environ 200 000 chats et chiens sont abandonnés en France, selon l’étude menée par le Centre national de référence pour le bien-être animal . Un chiffre qui ne prend pas en compte les poissons, reptiles ou encore lapins. Pourtant, eux aussi sont concernés. Certains poissons issus de l’aquariophilie sont relâchés dans la nature, parfois dans des milieux inadaptés, avec des conséquences sur les écosystèmes locaux.

L’association a d’ailleurs écrit au centre qui accueille l’événement pour lui demander de ne plus organiser ce type de rendez-vous. « Les poissons ne sont pas des objets de collection à transporter et à exposer pour un concours  », insiste Amandine Sanvisens, qui estime que « la place des poissons n’est pas dans un aquarium ».

 

Une campagne contre la vente de poissons rouges dans les fêtes foraines

Au-delà de ce concours, PAZ mène aussi campagne contre une pratique encore répandue dans les fêtes foraines : les poissons rouges offerts comme lots. L’association rappelle que cette pratique est interdite depuis 2001. Elle dénonce des « conditions désastreuses » sur certains stands, relevant de la  « maltraitance animale ».

Et après la fête, le problème continue. « Les familles ne sont aucunement préparées à s’occuper d’un poisson rouge », souligne la co-fondatrice, rappelant que ces animaux demandent des soins spécifiques et un environnement adapté« Il est plus que temps de réaliser que les poissons rouges ne sont pas des jouets que l’on gagne comme de vulgaires peluches ! »

Plus largement, l’association appelle les collectivités à ne plus autoriser ce type d’événements, jugés contraires à la condition animale.