Un algorithme pour repérer la maltraitance infantile

Alors que la maltraitance infantile aurait augmenté de près de 50% au moment du premier confinement en 2020, le CHU de Dijon a mis au point un algorithme permettant de repérer si les enfants hospitalisés âgés de 0 à 5 ans en ont été victimes.

19 mai 2022 à 12h00 par Marie-Lou Buisson

Le CHU de Dijon a mis au point un algorithme pour déceler de la maltraitance chez les enfants
Le CHU de Dijon a mis au point un algorithme pour déceler de la maltraitance chez les enfants
Crédit: Photo d’illustration K6FM

Alors que le taux de maltraitance infantile ne cesse d’augmenter, le CHU de Dijon a développé un algorithme permettant de détecter ces signes chez des enfants âgés de 0 à 5 ans et hospitalisés dans l’établissement entre 2008 et 2019. Le système a été développé pour identifier si les lésions observées pouvaient être liées à de la maltraitance physique. L’équipe médicale a passé en revue les dossiers médicaux de 170 enfants qui ont été identifiés comme victime de maltraitance « hautement probable » ou « suspectée », puis ils ont été répartis dans ces deux groupes distincts. Parmi les enfants âgés de 0 à 5 ans, 68 ont été classés dans le groupe 1 pour « maltraitance hautement probable », et 102 ont été classés dans le groupe 2 pour « maltraitance suspectée ».

Les résultats ont été publiés ce mardi 17 mai. L’algorithme annonce que 85,2% des enfants du groupe 1 ont été reconnus comme victimes de maltraitance physique, et 50% des enfants du groupe 2. L’équipe a aussi constaté que plus les sujets sont jeunes, plus il est simple d’identifier des signes de maltraitance puisqu’ils ne sont souvent pas en âge de se blesser seul (avant qu’ils ne sachent marcher). Pour des enfants âgés de 1 mois à 1 an, on obtient alors des résultats positifs à 94,4% pour le groupe 1, et à 78,3% pour le groupe 2. 

L’algorithme semble être prometteur pour repérer les maltraitances physiques chez les jeunes enfants hospitalisés, mais il faut encore le perfectionner. A ce jour, il n’identifie pas les violences sexuelles ou psychologiques. Il pourrait alors dans l’avenir jouer un rôle clé dans les hôpitaux, mais une étude à plus grande échelle sera nécessaire pour confirmer les observations déjà réalisées.