Les travaux publics de Bourgogne en colère : l’Etat projette (encore) de taxer leur carburant

Le gazole non routier (GNR) utilisé par les entreprises de travaux publics pourrait prochainement leur coûter beaucoup plus cher (environ 70% d’augmentation). L’Etat souhaite en effet supprimer un avantage fiscal dont les entreprises bénéficiaient sur leur carburant. Le projet de loi, qui avait été enterré suite à la mobilisation des gilets jaunes, est à nouveau d’actualité. Il énerve autant qu’il inquiète du côté des travaux publics.

28 mai 2019 à 7h05 par Hugo Scherrer

K6 FM
Vincent Martin, pr�sident de la F�d�ration R�gionale des Travaux Publics, en conf�rence de presse lu
Crédit: Hugo Scherrer

Les entreprises de travaux publics sont en colère. Et pour cause, l’Etat souhaiterait supprimer un avantage fiscal dont elles bénéficient aujourd’hui sur le carburant qu’elles utilisent pour leurs engins de travaux, à savoir le gazole non routier (GNR). Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait expliqué que cette mesure était censée encourager la transition énergétique. Problème, selon le président de la Fédération des Travaux Publics de Bourgogne Franche-Comté (FRTP BFC) Vincent Martin, les entreprises n’auraient pas d’alternative au gazole. « Aujourd’hui, on n’a pas de machine adaptée pour pouvoir utiliser un autre carburant que le gazole. On nous proposerait des engins qu’on puisse équiper de gaz, d’hydrogène ou d’électricité, pas de problème. Pour l’instant, ce n’est pas le cas » déplore Vincent Martin, qui revendique donc le maintien de l’avantage fiscal.

2000 embauches impactées par ce projet de loi ?

Toujours selon la FRTP BFC, la suppression de la niche fiscale sur le gazole non routier serait lourde de conséquences sur le plan social : les entreprises de travaux publics en Bourgogne-Franche-Comté prévoyaient au total l’embauche de 11000 salariés sur trois ans, l’estimation pourrait être revue à la baisse si le projet de loi aboutit (« seulement » 9000 embauches). Car le surcoût pour les entreprises n’est pas négligeable si la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétique) se retrouve appliquée sur leur consommation de gazole non routier. Vincent Martin estime que les compagnies de travaux publics payeraient le litre de gazole à 1,20€ HT au lieu de 0,70€. En conséquence, les tarifs pour des travaux augmenteraient en moyenne de 5%, ce qui pourrait freiner les collectivités locales dans leurs projets d’investissements. « Ça ne va pas dans le bon sens pour notre profession qui était en pourtant en train de se redresser économiquement » s'inquiète Vincent Martin. Le président de la Fédération Régionale des Travaux Publics n’exclue pas des mobilisations et opérations escargot pour faire entendre la voix des travailleurs. « On ne lâchera rien », a-t-il prévenu.

Ecoutez ci-dessous l'interview de Vincent Martin, président de la Fédération Régionale des Travaux Publics :